Alors que, en ce début de XXIe siècle, les cadres traditionnels des sociétés contemporaines semblent voler en éclats, l’engagement social, sous toutes ses formes, connaît un développement remarquable, à tel point qu’il se substitue parfois à des pouvoirs publics déclinants et jugés impuissants. 

Le bouleversement des modèles sociaux et familiaux conduit, depuis un demi-siècle, à l’émergence de discours et d’actions visant à défendre les formes nouvelles ou anciennes de la vie sociale. Le triomphe de modèles inspirés du capitalisme suscite a contrario des mouvements contestant cette suprématie, et vantant d’autres paradigmes. La multiplication des acteurs de la lutte contre la pauvreté, la solitude ou la précarité, en France et dans le monde, répond ainsi à un besoin croissant de l’ensemble du corps social. Enfin, l’attention nouvelle portée aux pathologies les plus graves et au handicap sous toutes ses formes provoque une prise de conscience des souffrances liées à ces états et une volonté d’y répondre. 

Dans un contexte de profonde mutation des sensibilités en Occident, des associations aussi diverses que Aides, Emmaüs, ATD Quart Monde, Droit au logement, Les Restos du coeur, par la mobilisation sans précédent qu’elles ont suscitée, ont profondément marqué l’histoire contemporaine. Conscient de la richesse de ces multiples formes d’action sociale et de leur valeur pour l’écriture future de l’histoire, le service interministériel des Archives de France constate aussi que cet engagement, souvent situé à la lisière des politiques publiques, laisse des traces incertaines, lacunaires et insuffisantes. 

La primauté donnée à l’action, un cadre institutionnel parfois fragile, les aléas de la vie associative n’incitent pas les structures porteuses de l’engagement social à se préoccuper de leur histoire, et en particulier des archives qui permettront de l’écrire. Au-delà de la mémoire humaine, au-delà de la personnalité souvent charismatique de fondateurs ou de dirigeants, la trace de cet engagement ne subsistera en effet que par les archives. Encore faut-il que celles-ci soient convenablement organisées, conservées et valorisées. C’est ainsi que le réseau des Archives de France, dans toutes ses composantes – Archives nationales, départementales et municipales –, est de plus en plus souvent sollicité pour accompagner des opérations de sauvegarde et de collecte. 

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Repères
Mémoires de combats, les archives de l’engagement social et associatif
Jeudi 7 novembre
Sciences Po
Salle Goguel
56, rue des Saints-Pères
75007 Paris

Contact : conferences.cee[a]sciencespo.fr