En amont de l’exposition « Exhibitions. L’invention du sauvage » qui se tiendra du 29 novembre 2011 au 3 juin 2012 au musée du quai Branly, parait l’ouvrage Zoos humains et exhibitions coloniales. 150 ans d’inventions de l’Autre, véritable synthèse et ouvrage de référence sur la question, rassemblant plus de 40 contributions des meilleurs spécialistes internationaux.

Les « zoos humains », symboles oubliés de l’histoire contemporaine, ont été totalement refoulés de la mémoire collective. Ces exhibitions des « sauvages », aussi bien des « exotiques » que des « monstres », ont pourtant été, en Europe, aux États-Unis et au Japon, une étape majeure du passage progressif d’un racisme scientifique à un racisme populaire. Au carrefour du discours savant, des cultures de masse et de l’intérêt des puissances coloniales, ces exhibitions ont touché plus d’un milliard quatre cent millions de visiteurs depuis l’exhibition en Europe de la Vénus hottentote, au début du XIXe siècle. Ces exhibitions, peuplées d’êtres diformes et de personnes en provenance des espaces coloniaux d’Afrique, d’Amérique, d’Océanie ou d’Asie, comme appartenant à un univers de l’anormalité, disparaîtront progressivement avec les années 1930, mais elles avaient fait alors leur œuvre : bâtir deux humanités.